Arcimboldodejuin

Les vers à soi

arcimboldodejuin Par Le 15/02/2026

Dans Sorties

On prend des trains des bateaux des voitures des avions

Dans cette histoire sans fin seul le temps file son lin, seul

Vains départs éternels retours

L’illusion du voyage, des pays où l’on arrive jamais, des horizons qui restent sur leur ligne de fuite,

Toujours trop court pour y croire vraiment

Ile aux oiseaux

Ne reste que le manque d’avoir vécu

Celui qu’on appelle souvenir

Plus qu’à s’assoir sur le quai d’une gare d’un port mémoire

Au bord d’une route d’une voie d’une cale d’une soute

Trouver un écritoire tarmacadam

Et débarquer à ce terminus des cendres du passé

Arcachon

Il est maintenant cinq braises de moins au foyer du poêle qui nous rougeoie la face

Les jours nous consument dans ce brasero transperçant l’hiver

Et devant l’oriflamme dansant on se prend à rêver

Comme de coutume

Grand manteau blanc montagne

Ou burnous greige sable désert

Toutes ces pensées qui font grand bleu à l’âme Saganne

Aiguines

Des moments dévidés de vie.

Pointillés inoubliables qui ne rapportent rien, que de beaux instants

Comme quoi le seul vrai salaire est celui qu’on se paye sur le paysage

Rétribution des sens, tribut du sang qui bat aux tempes,

Magot des émotions qui déballent les larmes,

Trésor du cœur qui s’emballe l’amour.

Ceillac

Sans oublier la bande originale qui va avec.

Important de vieillir en musique.

Harmonique des instruments

Naturelle des éléments.

Timbales tonnerre, cymbales océan.

Je jouerai mes dernières années sur des appeaux de bête

Pour mettre en transe cette farandole d’écrits

Que je traine dans mes empreintes jusqu’au tréfond de mon erg

Maroc

Des vers à moi

Qui deviendront peut-être des vers à soi

Pour peu qu’on les aime

A moins que le vent ne les efface avant

 

Allez rentrons

 

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