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Honni soit qui palissandre
- Par arcimboldodejuin
- Le 01/12/2021
Do au Sol
De mon Fa Ré
Que j’ai Mi Si ou La
J’ai perdu la fréquence du monde
Grattant les cordes à scier
Du manche en cèdre
De ma guitare en Herbe
Au soleil allongé sur des branches
D’une terrasse de rêves en mélèze
J’abandonne ma grammaire rudimentaire
Pour faire le serment de vigne
Noueux comme un pied de guerre
Celui de chanter tambour battant
A tue tête de bâtons rompus
Quelques romances en copeaux
Pour nos potos des vieux rameaux
Laisser le naturel revenir au galop
Faire feu de toute foi,
En des croissances de végétaux seulement je crois
Célébrer Ovangkol sapele koa
Divinités Végétales pour animistes aux abois
Balancer quelques couplets de pignes
Pour mettre des machines en sourdine
Ne plus carburer qu’a l’encens des essences de bois
Ecouter le chant des sommets et le souffle des forêts
Fredonner leur Rime en écho dans les vallées
Puis se jeter un peu de sciure aux yeux
Pour faire la sourde autruche
Car il ne faut pas se leurrer
Tout ça n’ira pas loin et l’on n’y changera rien
Alors souche, brindilles, sarments, cerneaux et autres végétaux
Dormez comme les bûches que vous êtes
L’humanité gazoline exsanguine l’atmosphère
Son avenir lui est prédit sur papier carbone
Entre 4 planches 6 pieds sous terre, elle aura 10 bonnes raisons de se taire
Honni soit qui palissandre, sera l’épitaphe de ces vertes syllabes qui finiront en cendre
Car déjà ma peau s’écorce
Je sens des veines d’érable parcourir mon aubier et mon cœur duramen d’ebenier.
Cyprès soit on de la fin, je ne buis oublier que sycomore un jour je fus et peut-être encore serai.
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Cassiopée reine éthiopique
- Par arcimboldodejuin
- Le 10/07/2021
Encore un souvenir étincelle
Sur l’autoroute Moselle
Au détour d’un regard fugace
Sur les bords du bitume crasse
Une envolée de poussière sur un chemin de terre
Qu’emprunte matinale une lumière buissonnière
Met le feu aux poudres de la mémoire
Coffre fort des instants passés dérisoires
Agglomère mille éclats d'incandescence
En un instant détonant de silence
Derrière la pluie des éclats retombant
Loin au-delà du pare brise mosellan
L’image floue d’une latérite éthiopique
Où Cassiopée marchait sous son ombrelle tropique
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Singe d'une nuit hantée
- Par arcimboldodejuin
- Le 25/06/2021
Vendredi de juin on s’autorise un peu de vie de sauvage
Au moins sur la page
Tourner la clé de sol dans la ferrure des pâturages
Se mêler aux dos argentés du blé mûrissant
Prendre la tête du clan des bacchantes des champs
Qu’on aperçoit par la portière
Et qu’une houle céréalière dessine dans l’imagination
Enfin nu comme un ver, libérer cette dernière
Courir dans les ornières aux trousses des simiesques chimères
Prendre les arbres dans les bras en tenue d’Adam d’Ève
Rugir comme une bête son propre Yawp barbare de revanche
Epoumoner l’épique cri des épis gris accroché aux branches
Se frotter à la vie comme à l’écorce et pourquoi pas s’y fondre en devenant le bestial animal naturomorphe
L’hominidé graminé
Involution au crépuscule des hommes
Qui va s’évanouir, pour disparaître peut-être
Devenir le fantôme d’humanité deguingandé
Grand singe d’une nuit hantée
Dont on voit la silhouette bancale
Dodelinée sous la lune spectrale
Se balançant à rebours des labours
Remontant les ruisseaux à contre cours
Tout le long de la nuit civilisée
Puis au matin épuisé d’avoir trop rêvé
Chancelant a l’heure du coq égosillé
L’air de rien, ne devient que du vent
La brise aux mille appellations
Sirop de sirocco
Grenadine de Khamsin
Huile essentielle de ponant
Grand Harmattan de Vendavel
Qui alanguit la peau
S’évanouit au soleil
Ne laissant qu’une empreinte d’arome
Sur la couche épiderme
Estivale essence évanescente éphémère et légère
Dis Giuseppe, tu sens ce vent tiède qui nous court dans le dos ?
C’est l’haleine de juin, le souffle d’Arcimboldo
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Le risque de vivre
- Par arcimboldodejuin
- Le 23/05/2021
Je vais bien. Mais voilà.
Plus d’un an à regarder danser la farandole des fous
Le tintamarre d’une foule montée sur ses ergots de seigle de Saint Guy
Se rendant au bal masqué des cinglés, les yeux bandés
Le paradoxal concept anti-social d’une société distanciée, dont le crédo fait rêver:
- Vivre ensemble dans un confinement séparé
- Se sourire sans le voir, l’imaginer pour le dessiner
- Se rencontrer sans s’approcher
- Bavarder sans s’entendre derrière des bavoirs et surtout pas trop tard le soir
- Enfanter sans se toucher
Comment vivre au milieu des bernés par le phantasme d’une vie aseptisée vers l’immortalité ?
Car le problème est bien celui là : se projeter dans ce monde idéal
Un monde data désinfox perdu en communication de dédale
Un univers dealé pour se shooter les yeux écrans ouverts
Tu veux ta dose ? allume ta télé mortifère…
Vas-y click click click ta dope médiatique sur appli numérique
Pas possible. Surtout ne pas adhérer.
Il y a tellement d’autres façons de mourir que je choisis de risquer de vivre.
C’est décidé.
Même si cette vie doit être plus courte.
Même si je ne dois jamais devenir un vénérable vulnérable.
Se cacher, rester à cultiver son propre jardin, si possible secret, plus que jamais
à l’écart d’une civilisation qui a reniée mon humanité
Et ses souvenirs, et sa mémoire, et son passé
J’irai faire la bombe dans le bassin morbide de cette société que la peur a sclérosée.
Et à sa barbe, des pieds de nez d’éclaboussures vitales par millier
Pour les plus téméraires, vous saurez où me trouver
Pour les autres, évitez-moi je risquerais de vous embrasser
Et je suis peut être contagieux...
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La chasse aux nouvelles
- Par arcimboldodejuin
- Le 17/12/2020
J’ai ouvert ma boîte aux nouvelles
Que j’avais remisée depuis des mois à la poubelle
Entrebâillant le couvercle, j'ai lu trois d’entre elles
A la une: "97% des personnes infectées ne meurent pas du virus", on peut se réjouir pour elles
Météo des plages: "97% des personnes n’ont pas attrapé le virus. Sortez les planches, sortez les masques, ça va farter, ça va surfer, les vagues n’ont pas fini de déferler. N’oubliez pas la crème solaire et les solutions hydro-alcooliques, en gel"
Rubrique des chiens écrasés: "dans quelques semaines 270 millions d’humains connaitront la famine. Ils seront quatre fois plus nombreux que ceux qui auront croisé le virus. Ils n’auront d’ailleurs peut-être pas le temps de le rencontrer. Ne les plaignons pas, leur vie n’aura pas manqué de sel."
Nauséeux j’ai refermé ma boîte aux nouvelles.
J’ai mis de la distanciation entre moi et elle.
Puis j’ai soulevé la lunette.
Je l’ai posée dans la cuvette.
Comme elle était bien à sa place
J’ai tiré la chasse.
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Des souvenirs Masaï
- Par arcimboldodejuin
- Le 27/11/2020
Emergeant de la canopée goudron
Le viaduc béton toise la vallée minière
Arachnide asphalte à la toile ruisselant de fer
Où s’accroche un brouillard comme un cancer au poumon
Dans la mémoire étriquée du rétroviseur plastique
Des volutes souvenirs Masaï
Par delà le vent de sel des dunes autoroutes
Filtrant dans la forêt pas vierge des pylônes électriques
Loin vers l’Est un soleil savane dissipe des hyènes de brume
Ces cabots météo aux basques de la fourmilière
Lévriers efflanqués aux trousses des retardataires
Qu’un revers de main solaire évapore et consume
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La machine à remonter l'enfance
- Par arcimboldodejuin
- Le 01/06/2020
Ressac du printemps qui revient
Etanche d’embruns méditerranéens
Les lèvres immaculées du gisant d’albâtre
Dont le cœur d’hiver a cessé de battre
Susurre lui à l’oreille d’autres latitudes
L’accent murmure des pinèdes du sud
Rappelle lui l’écho cristallin des rires adolescents
Dévalant la caillasse des pierriers, insouciants
Bondissant des genêts de restanque
Roulant dans les bruyères des calanques
Gamins des garrigues s'écrivant des histoires à l’encre térébenthine
Assis sur les blancs bancs calcaires ensoleillés des cimes
Prenant récréation face au grand tableau bleu que l'horizon dessine
Les minots lumineux de l’école espigau tous tachetés de soleil
Avec les joues qui peguent aux confitures des tartines, à moins que ce soit la résine ou la salsepareille
Desserre ces doigts crispés sur la poitrine de marbre
Redonne quelques couleurs à ce masque macabre
Dis lui encore les beaux souvenirs, qu’ils brisent son silence
Que vibre dans ta voix le doux moteur de la machine à remonter l'enfance
Le son du vieux vinyle, crachotis gramophone
Grésillement de cigale dans sa poitrine d’homme
Rappelle lui les cyprès d’aussi loin que porte ta mémoire
La torpeur des étés sous un ciel miroir
Où s’évaporent lavandes en sol et cades genévriers
Conte les hautes herbes, les buis, l’azur des oliviers,
Le sang veineux des tomettes, l’hululement des chouettes,
l’iode des mouettes,
L’ombre en poudre d’escampette,
L’or sourcier des garrigues arides
Et son caniard avide qui burine les rides
Le roulement du tonnerre d’aout
qui ne donnera aucune goutte
Orages secs à punir les bossus
Ce Païsse est sans eau alors ne compte pas dessus
La terre rouge des pots sans plume,
Les vignes vierges des tonnelles forgées dans le midi de l’enclume,
Le cri perdu des hirondelles, leur nid sous les tuiles
Les navettes, les calissons, les pompes à l’huile
Le lichen des chênes verts, liège et l’amadou sous la paume
L’arôme graminé dont l’herbe coupée embaume
La fraîcheur des Baumes sombres des bois caniculaires
L’argile du sol craquelé sous les mains du brasier solaire
Le chuchoti des grillons dans les mûres des champs abandonnés
Les vieux lierres des vieux murs des sentiers égarés
Le mimosa, les pins parasols alanguis sous l’été
Le battement régulier du cœur diesel
Des pointus de bois flotté
Glissant sans plis dans l’aube pastel
Trainant gabians en palanquée à la criée
La Méditerranée qui fait tous les bleus pour les yeux
Et frissonne en reflets argentés quand Mistral et Meltem l’escagassent un peu
Parle lui de la voilure centenaire des marronniers démesurés
Des haubans d’écorce où les enfants s’attachent mains et pieds
De l’heure où la lumière rosée efface les minutes des cadrans solaires
Où l’éreintante étreinte de la brûlure du jour se desserre
Alors vient le coassement des grenouilles dans la pénombre des cours d’eau assoupis
Le clapotis noctambule des fontaines aux placettes villageoises à minuit
La douce paix nocturne scandée aux villages des clochers endormis
Verse enfin sur ces lèvres bleuies
Un peu de l’élixir qui redonne la vie
L’arôme distillé du pays sur l’alambic des bergers
Senteur des collines, thym, romarin, laurier, paturin
Qui instille les souvenirs d’Arcimboldodejuin
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Cornemuse bruyère
- Par arcimboldodejuin
- Le 17/03/2020
Un Eire biniou court sur la lande
Le long des pierres dressées aux lichens calleux
Dans les sentiers douaniers des cotes escarpées
Dominées de dolmens aux triskels ridés
Sous une bruine battante à faire palir la tourbe
Une silhouette cornemuse debout dans les bruyères
Haut sur les falaises arquées contre les vents de mer
Expire un crachin chair de poule, contre vents et marées
L’âme de fond, entonnée entre éclairs et tonnerre
D’un tartan vert patrick, en kilt irlandais
Ranime les spectres de brume aux penchants naufrageurs
Les écueils de varech sous l’écume Kilkenny
La pinte de l’océan contre le ring Kerry