Arcimboldodejuin

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  • Gwadàlaloupe

    8 mois plus tard dans le palmier en zinc de l'ile équatoriale qui n'en compte aucun.

    Le temps s'écoule dans une moiteur d'alambic.

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  • L'écrit vain césuré

    Aux courageux qui arrivent ici parce que je les ai invités, ou parce qu’ils se sont perdus sur la toile.

    A tous ceux qui tiennent à bout de bras une chandelle chancelante dont la flammèche vacille dans la tourmente de mon imaginaire

    A me lire vous vous direz sans doute il est encore malade, sa bougie va s’éteindre.

    Je vous répondrai:

    Soyez les bienvenus dans ma jungle de cellulose immatérielle, mes pages griffonnées irréelles.

    Écrire est ma liberté et elle n’est pas normée.

    Je ne respecte ici aucune règle, ni de grammaire ni de personne.

    L’écriture est hors la loi. Elle n’en a pas.

    Je me délecte de cette délinquance.

    Ci gît mon no-word land.

    Je suis Arcimboldodejuin,

    gangster alexandrin,

    bandit consonne,

    truand épelé,

    malfrat des paragraphes balafrés,

    voleur de vers parfaits aux pieds beaux et réguliers.

    Je suis l’hémistiche postiche.

    Le Desperamot, imprévisible Desperado des mots.

    L’inutile rime à rien.

    L’écrit vain césuré.

    On me l’a déjà questionné. Ces mots écrits ne sont pas de maudits maux non dits.

    Ils sont l’expression syllabique de souvenirs, d’impression mêlés.

    A chacun de dire s’il les trouve beaux (ou de taire s’il les trouve moches?).

    C'est un peu d’eau de mémoire tant qu’elle n’est pas tarie.

    Le témoignage d’un monde à travers un regard. Subjectif. Insolite.

    Je l’ai connu, il était beau.

    A lui la postérité de la calligraphie.

    Velo

  • Wagons de rêves

    7 mois plus tard sur la terrasse en bois de la masure anticyclone.

    Depuis que les leptospires des chemins de fer ont pris l’assaut de mon foie ferroviaire

    j’ai un peu plus de Gwada en moi, c’est certain.

    Et des retards de wagons de rêves à rattraper.

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  • L'Hymne de tous les Robinsons

    Quatre mois plus tard sur la terrasse en bois de la masure anti-cyclone.

    L’heure est venue d’aller faire les yeux fous à la Marie galamment assise de l’autre côté du chenal guadeloupéen et que l'on aperçoit à intervalle régulier toute allongée alanguie dans les vagues transparentes de l'archibel archipel.

    Après 45 minutes de traversée bien frappée comme un café Chaulet, nous voilà bien arrangés comme le rhum, et pour les braves inconscients du pont bien trempés comme une soupe.

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  • Qu'aux Saintes n'y touche !

    Aux Saintes, on sait bien faire le planteur. Mais attention ça n'est pas une boisson de pleutre.

    De toutes façons le pleutreur n'existe pas. Pourquoi ?

    Tout simplement parce que le pleutre ne pousse pas dans les champs. Tout au plus se cache-t-il dans la canne. Bref.

    Il est 5 grammes de rhum blanc moins dix à l’apéritif en bois tropical du ponton qui ne mène à rien sauf à la mer devant lui.

    Dans le désordre pourtant sans contrepèterie de la fin d’après midi, le rhum tabasse ses victimes.

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  • Du vent dans les palmes

    Il est trois grammes moins le quart à l'apéritif de ma terrasse en bois tropical.

    Les mains prises par mon petit verre de rosé, je m'écris une bafouille du front.

    La nuit s'approche bruissant d'une vie grenouillère inimaginée pourtant réelle.

    Le ciel va se répandre en galaxies infinies sur sa méridienne équatoriale.

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  • Khamsin

    J’écris ces lignes pour la cinquantième fois

    C’est normal, on comprendra pourquoi

    Khamsin, la cinquantaine en langue d’orient

    Mais aussi le nom du vent de sable qui balaye la corne de l’Afrique au début de la saison chaude

    Le grand abrasif terrestre qui sévit cinquante jours durant au pays du grand brasier solaire

    Et quand il s’y met, on y voit goutte ce qui n’est pas étonnant pour une contrée désertique

    Il ronge le métal, érode la roche, pulvérise l’asphalte et recouvre les pistes chamelières millénaires

    Il estompe toute trace sauf les rides

    Il les ravine aux visages des hommes car jamais n’arrête le temps qui passe

    Et sous les flammes des camps nomades qu’il étouffe il n’en finit pas d’attiser des braises de mémoire

    Eparpillant au passage une cendre plus sel que poivre aux bacchantes de ses victimes

    L’Afrique une fois de plus il aura encore fallu que je commence par là

    Continent infernal aux peuplades bantous où l’on a cru devoir porter la science coute que coute

    A coup de souvenirs, de légendes familiales ou contées ou vécues ou vues ou lues, de formation en déformation professionnelle, et même en chansons

    Elle me colle à l’âme et tatoue mon génome en filigrane

    Il doit y avoir en moi quelques tribus de ribosomes scarifiés, qui dansent autour du feu quand ils ne suivent pas une méharée de rêve guidés par la croix du sud sur une piste oubliée vers le rendez-vous d’Essendilène.

    Khamsin donc, toujours la cinquantaine en langue d’orient

    Le nombre d’année qui me sépare maintenant du point de départ. 50 années à gravir la montagne aux Ecritures.

    Comme l’impression d’arriver au sommet de l’ascension d’une vie. Voilà qui fait penser à la descente.

    La grande rando à sens unique que l’on fait d’une seule traite, sans personne à l’arrivée pour te ramener au départ. C’est ballot. On est bien là haut. Faut juste s’en rendre compte. Sinon s’en souvenir.

    A moins de croire dans la réincarnation, mais si c’est pour devoir refaire le chemin en pangolin, chiroptère, journaliste ou tout autre rampant sans pattes, je dis non. Et puis je souhaiterais croiser les mêmes gens. Faudrait que tout le monde se réincarne en même temps, voilà qui compliquerait le processus.

    Mais s’assoir dans le fauteuil et recommencer la projection en homme, ça je veux bien. Rembobiner le film. La lumière vacillante du vieux projecteur. L’asthme de son ventilateur. La pellicule qui tremblote sur l’écran de drap tendu aux portes d’une veille armoire provençale, dans la pénombre fraiche d’une maison de campagne en été.  Les images saccadées du passé. Tous ces souvenirs écoulés dans le sablier de la mémoire. Même pas le temps de se demander ce qu’il s’est passé. La punition de toujours vouloir anticiper demain.

    Rembobiner la bande son aussi. Les voix des parents, les rires des enfants et des amis, les mots de tendresse, les belles chansons, les mélodies morricones inoubliables qui raniment les souvenirs et font naitre de grands sentiments, les battements de cœur de ma moitié la tête sur sa poitrine. Et tous ces autres bruits de vie qui butine : l’eau qui coule sur les rochers des torrents, les poignées de vague dans le sable, la brise dans les feuilles, les clochettes de ris contre les mats des bateaux à l’amarre, la neige qui crisse sous les pieds, le grincement des vieux volets de bois d’un mas isolé que l’on ouvre dans l’aube estivale , les cigales des aurores et grillons des veillées, les pignes qui claquent dans les feux de cheminée, le bruissement d’une abeille dans les lavandes, un rouge-gorge la nuit, le vent des mélèzes. Se rappeler aussi le sang aux tempes et le souffle court de l’effort physique et le silence trop souvent bafoué, compagnon des coins égarés et ciels étoilés, ami des esprits perdus dans leurs pensées, respiration des musiques suspendues, cistercien des vieilles pierres, blanc des flocons qui tombent.

    Je ne regrette rien. Je n’aurais pu faire d’autres choix que ceux que j’ai fait au moment ou il fallait les faire. Je n’aurais pas pu trouver famille plus aimante, épouse plus bienveillante et attentionnée, Elle et mes enfant sont nouées à mon cœur pour toujours.Alors tant pis si je suis vieux. Je vous aime de toutes mes années.

    Je vais prendre toute la 16eme latitude nord de franchir ces cinquantièmes vieillissant en m’accrochant aux branches de la rose des vents. Je prendrai le vol du premier alizé qui passe et vous emmènerai avec moi

    Puisse-t-il nous déposer  7000 km vers l’Ouest.

    Pour rattraper le soleil avant qu’il ne se couche. 

    Pour l’empêcher de s’endormir et de nous disparaître.

  • Peau de plage

    Comme ne le dit aucun dicton
    Tant va le printemps à l’eau qu’il faut prendre la tangente à Tanger
    Question de survie morale.
    A Orly au terminal des tropiques
    On a pris l’exit dans un taxi diesel
    Tacot mobile berbère du désert
    On a roulé plein sud sans s’arrêter
    Cravachant à plein poumon notre liberté
    Toutes vitres ouvertes, dévorant la poussière du djebel à pleines dents
    S’enivrant de goulées de piste à pleine moustache
    On s’est fait la bielle jusqu’à la couler, loin
    Au bout d’un lit d’oued perdu sous une couverture bleue ciel d’azur

    Ainsi tarit la chevauchée, dans un fesh fesh de rêve
    Le capot éventré du moteur surchauffé, fume ses dernières larmes puis sombre fissa fissa
    On n’repartira p’tet jamais inch’allah alors on en profite un chouïa
    Une belle pause dans le bac à dunes du grand erg saharien
    Assis sur le cuir d’une peau de plage à l’infini dentelle
    A caresser le grain fin de l’épiderme sable
    Un lieu que l’eau a déserté, ou les palmiers sont évaporés
    La vit le marchand de rêve en indigo gandoura
    Sous un chèche sang tamarin il distribue des panomirages à perte de vue
    Dans le gazouillis d’un thé menthe versé cent fois, il fait naitre les hallucinations tant recherchées
    Ma dope à mine de crayon
    Alors s’en va courir la plume
    Sur des vagues d’horizon qui donnent le mal d’éphémère
    Celui d’un paysage mouvant
    Où ne chemine que le vent
    Il dessine des arabesques légères dans cette poudre d’océan targuie
    Tapis dans un silence d’orient nous ne pouvons que l’effleurer
    Derrière le moucharabieh de nos vies, il y a au Sahara un monde d’éternité qui nous est interdit
    Damné pays des djinns que les vivants ne peuvent qu’appréhender